comme on passe du matin au soir du jour à la nuit on passe du langage du jour et du soir à l'autre langage celui qui vous appartient le plus et ce langage vous habite du matin au soir - c'est par la lumière que passe le matin au soir le jour à la nuit et c'est dans l'espace réservé au langage qui vous appartient que vous avancez- il faut du temps le temps de la transition oublier le langage pour le travail le langage pour la les relations aux autres il faut durant un temps le temps de l'écriture oublier laisser de côté celui là de langage - il faut aussi sentir un danger quelque part celui d'entrer dans l'autre langage le danger c'est celui de marcher à l'aveugle sur une terre qu'on ne connaît pas bien le danger c'est d'avoir le désir de s'y aventurer le danger c'est de ne pas éprouver de danger - du matin au soir mon temps est occupé par un travail où la langue est l'outil principal - mais dans l'autre langage la langue n'est pas un outil - les chiens mangeront les hommes et les hommes mangeront du chien - du matin au soir dans la tête dans le corps le langage est vivant - oubliée la scène du rêve oubliée la branche fragile celle dans le vent - comme on passe du matin au soir on passe on essaye de passer d'une écriture jolie à autre chose - autre chose c'est une écriture à soi- c'est un danger l'écriture jolie elle vous contente sur le moment et elle vous trompe - je me trompe d'écriture - le jour ne trompe pas la nuit et la nuit ne trompe pas le jour- je n'ai pas besoin de l'écriture j'ai besoin de l'écriture pour éprouver l'autre langage dans ce que j'entends à l'intérieur de moi - du regard à la voix c'est ça l'écriture - et la voix doit trouver son espace - je dois trouver mon espace un nouvel espace -
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